Green Book : Sur les routes du Sud

Ce soir à 21h, France 2 diffuse pour la première fois l’excellent Green Book : Sur les routes du Sud, réalisé en 2018 par l’américain Peter Farrelly.

Il s’agit du premier film en solo du réalisateur, habitué à travailler en collaboration avec son frère Bobby Farrelly depuis leur succès en 1994 avec Dumb et Dumber, qui leur ouvrit les portes des comédies grasses et régressives (Mary à tout prix, Fous d’Irène, L’amour extra-large…). Pour cette première expérience solitaire, Peter Farrelly s’éloigne du sentier comique afin d’aborder un nouveau registre à travers des thèmes beaucoup plus sinistres : le racisme et l’homophobie institutionnalisés.


C’est à travers des faits réels, à savoir l’expérience biographique de deux hommes en 1962, que Peter Farrelly aborde cette fiction. Portée par un grand duo d’acteurs, le film relate la rencontre entre Tony Vallelonga, agent de sécurité d’origine italienne (Viggo Mortensen qu’on ne présente plus) et le docteur Don Shirley, pianiste de jazz de renommée mondiale (interprété par l’oscarisé Mahershala Ali, alors étoile montante du cinéma américain depuis sa consécration avec le film Moonlight en 2016). 

Dans le récit, Don Shirley, homme distingué, pianiste de génie noir et homosexuel, engage Tony Vallelonga dit « Tony Lip », homme à tout faire rustre et raciste, comme chauffeur pour une tournée dans le sud profond des États-Unis, beaucoup plus marqué par la ségrégation. Dans le cadre de ce voyage, Tony Lip est équipé du regrettable « Negro Motorist Green Book », le guide vert de l’automobiliste noir, instrument de voyage qui recense les établissements tels que les motels et autres restaurants, destinés uniquement à la clientèle afro-américaine, d’où le titre du film.

Bien qu’un monde les sépare, aussi bien dans leurs manières que dans leurs statuts, ce périple va permettre aux deux hommes d’apprendre l’un de l’autre et d’évoluer en tant qu’êtres humains durant ces quelques semaines, malgré un background social tout à fait désolant.  

La performance du duo fait de ce film une véritable « bromance » et réalise l’exploit de nous laisser malgré tout sur un sentiment agréable. Les scènes drôles et touchantes font du film Green Book un « feel good movie », qui n’a pas la prétention de s’ériger comme un film engagé et destiné à réparer les tares de la société, mais bien de traiter d’un cas unique.

Ce film est notamment récompensé trois fois aux Golden Globes mais surtout par trois Oscars, dont celui du Meilleur acteur dans un second rôle pour Mahershala Ali, celui du Meilleur film et celui du Meilleur scénario original.

Nous conseillons à nos lecteurs qui en ont la possibilité, de le regarder en version originale, afin d’apprécier notamment l’immense travail de Viggo Mortensen qui en plus d’avoir pris énormément de poids pour le rôle, nous gratifie d’un accent italien convaincant, lui qui maitrise couramment plusieurs langues. Le film rend hommages aux deux personnages originaux tous les deux décédés en 2013. 


Rendez-vous donc ce dimanche 7 février sur France 2 à 21h pour (re)découvrir ce film.

Bande-annonce du film

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