Minari

Minari est un film américain écrit et réalisé par Lee Isaac Chung, sorti en France le 23 juin 2021.

Synopsis : Souhaitant vivre le « rêve américain », une famille américano-coréenne déménage dans une petite ferme de l’Arkansas, durant les années 1980. Les parents travaillent dur dans une entreprise de sexage de poussins, et le père essaie en parallèle de lancer une production de légumes coréens, en visant le marché de la communauté coréenne aux États-Unis. Le jeune David souffre d’une maladie du cœur, source d’inquiétude pour sa mère. Leur vie difficile pèse sur le couple parental, causant de fréquentes disputes qui perturbent leurs enfants.


Récompensé au festival du film de Sundance, aux Golden Globes et aux Oscars, que vaut vraiment le film Minari ?

Ce qui frappe d’entrée dans ce film, c’est le décalage permanent entre deux entités. Ces entités sont multiples et le décalage existe en plusieurs points. Par moment c’est un décalage entre coutumes et mentalités américaines et coréennes, d’autres fois le décalage prendra forme entre Jacob, le père de famille, et Monica sa femme. La famille Yi se trouve dans une position délicate, celle d’intégration à un pays et de quête de réussite, ce qui les mènera à plusieurs conflits internes.

Jacob (incarné par Steven Yeun) et son fils David (Alan Kim).

Jacob Yi, prend les reines de la famille et décide pour le bien de tous, d’aller s’installer dans l’Arkansas. Il compte réussir ici en cultivant ses propres légumes venus de son pays natal : la Corée du Sud. Pour se faire ils n’ont d’autre choix que de s’installer dans un « trou », chose que Monica Yi n’arrivera pas à concevoir. Tout au long du film nous assistons à la chute de leur couple, qui ne cesse de se dégrader avec le temps.

Les sujets d’avenir au sein de la famille Yi ne sont guères réjouissants, puisqu’en plus de l’instabilité économique à laquelle ils sont en permanence exposés, le petit David souffre d’un souffle au cœur qui nécessiterait une intervention chirurgicale. Monica regrette sa vie en Californie et déplore le choix de son mari. Ses amies, l’église, la ville lui manquent. S’installent alors des non-dits, des rancunes et des remords qui affecteront la mariage des Yi.

Monica Yi (incarnée par Han Ye-ri).

Rien ne semble gagné d’avance pour cette famille et nous assistons lentement à leur échec. Cependant, pour tenter de sauver leur couple et de les sauver eux-mêmes, le couple Yi décide de dire à Soon-ja, la mère de Monica, de venir s’installer avec eux. Cette venue apporte un vent de fraicheur ainsi qu’un vent de folie à la famille, peut-être est-ce là une note d’espoir dans un avenir et un présent qui semble bien difficile.

La rencontre entre David et sa grand mère n’est au départ pas aisée, mais au fil du film les deux personnages se lieront d’affection et rappelleront au spectateur que la vie n’est pas faite seulement de travail, d’échéances et de labeur, mais qu’au contraire il faut profiter au mieux de cette chance et des petites choses qui rendent le quotidien magique.

David et Soon-ja (incarnée par Youn Yuh-jung).

Au final, Minari est une réussite, il parvient à nous transmettre toute la complexité de la situation des Yi. Il nous aide également à réfléchir à l’avenir, et pour autant à nous focaliser aussi sur le présent. Les plans et les couleurs du film sont plaisantes à voir et nous offrent une belle visite de la nature américaine, ce qui dénote avec la majorité des films hollywoodiens.


La Note
7/10

Note : 7 sur 10.

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