Rencontre avec Mathis Bernard

À l’occasion de la sortie du film « Vingt Dieux » réalisé par Louise Courvoisier et présent dans la catégorie Un Certain Regard de ce festival de Cannes 2024, nous avons eu l’opportunité de rencontrer et d’interviewer Mathis Bernard. Âgé de 21 ans, le jeune Jurassien tient là sa toute première prestation d’acteur, il témoigne pour le Club Lumière.


Comment as-tu été approché ou recruté pour jouer dans « Vingt Dieux » ?

J’allais juste voir mon pote qui jouait un match de rugby à Saint Claude et en rentrant dans le stade il y a un gars qui vient me voir et qui me demande « tu te bats dans les bals ? ». Je me dis bizarre, pourquoi il demande ça ? Et après il s’est présenté, il était directeur de casting. J’ai répondu à ses questions, il m’a dit qu’il me rappellerait mais je n’ai pas trop pris ça au sérieux. Puis ensuite je suis allée au casting et ça s’est fait comme ça.

Est-ce que ton rapport au cinéma a changé depuis que tu as joué dans ce film ?

Avant « Vingt Dieux » je regardais des films comme tout le monde je pense. Je me disais pas qu’il y avait quelque chose derrière, je me disais juste celui-ci il est bien, celui-ci il est nul, je me posais pas trop de questions. Je n’étais pas trop passionné par ça mais j’aimais bien regarder des films quand j’étais tout seul. Puis là maintenant une fois que j’ai tourné le film, que j’ai vu l’envers du décor, l’ampleur que ça a, c’est sûr que tu t’intéresses un peu plus et que tu regardes plus de choses.

Qu’est-ce qui t’as le plus impressionné sur le tournage ?

Ce qui m’a le plus impressionné c’est le nombre de personnes sur le tournage, la caméra et la grandeur des choses, tu t’imagines pas ça comme ça. Tous les détails auxquels tu penses pas quand tu regardes un film alors que maintenant quand je regarde un film je me dis « celle-ci elle doit être dure à jouer de scène », alors qu’avant je ne me disais pas ça.

Mathis Bernard au centre, Clément Favreau en haut et Dimitri Baudry à droite.

Est-ce que tu suivais le festival de Cannes avant ça ? Est-ce que tu te rendais compte de son ampleur et de ce que ça représente ?

Je ne regardais pas tant que ça Cannes avant ça, je suivais un peu mais je n’étais pas trop hype par la chose. Mais maintenant, une fois que tu rentres dedans tu te rends compte que c’est un autre monde finalement, un monde parallèle auquel on appartient.

Est-ce que tu as dû apprendre à jouer dans ce film ou bien est-ce que tu as été naturel en étant toi-même et c’est ce que voulait Louise Courvoisier ?

En fait Louise a très bien joué la chose dans le sens où elle ne nous a jamais mis la pression, jamais fait sentir de stress. Tu te mettais pas trop de pression par rapport à ça, tu y allais et tu essayais de faire du mieux que tu peux sans pour autant pousser le truc à fond.

Est-ce que cette expérience t’a donné envie de continuer dans cette voie en montant sur Paris, en t’inscrivant dans une école ou bien en passant d’autres castings ?

Oui bien sûr mais c’est compliqué aussi. La chance que j’ai là elle arrive à une personne sur beaucoup. Le monde du cinéma c’est vraiment quelque chose de magnifique. Pour nous c’était comme une colonie de vacances pendant 40 jours, tu joues des textes, tu reçois plein de bonheur de tous les gens qui adorent le film, c’est magnifique. Ce serait bien de continuer mais maintenant il faut voir si c’est possible.

De gauche à droite : Dimitri Baudry, Mathis Bernard, Clément Favreau et Luna Garret.

Lorsque j’ai regardé le film, j’ai trouvé qu’il représentait le Jura dans ce qu’il y a de bon et de mauvais. Est-ce que tu trouves que ça retranscrit bien ce que sont les Jurassiens ?

Ce qui est bien dans ce film c’est qu’il n’y a pas de condescendance, pas de jugement de valeur. On n’est pas mis dans une catégorie à part, ça représente super bien ce qu’on est. Ça ne pouvait que bien le représenter puisque Louise aussi vient du Jura.

Comment se sont déroulés le photo shoot puis la première projection ? Raconte nous

Déjà c’était la première fois qu’on voyait le film, on ne l’avait jamais vu avant. Au début tu commences ta journée dans Cannes, tu ne prends pas vraiment conscience des choses. Puis tu arrives à l’hôtel tu fais « Ouah », avant d’être accompagné au palais dans des voitures aux vitres teintées. Puis tu montes, tu fais des photos. Tu entends les photographes t’appeler par ton prénom, au début je pensais que c’était quelqu’un qui me connaissait qui m’appelait alors que non ! C’est là que tu te rends compte des choses. Mais ça fait bizarre, tu as l’impression d’être mis beaucoup trop haut par rapport aux autres donc c’est compliqué mais ça fait plaisir pour soi-même. Ensuite t’es stressé, tu fais la montée des marches avant d’aller voir le film. Tu vois tout le monde autour de toi, tu es bien stressé, tu as bien le cœur qui bat. Une fois que je regardais le film je repensais aux scènes, les souvenirs remontaient. À la fin tu vois tout le monde qui t’applaudis, qui t’acclame, c’était fou !

Et alors, qu’est-ce que tu as pensé du film ?

Comme je le disais, quand je voyais les scènes je repensais beaucoup aux moments du tournage donc je n’étais pas trop dans le visionnage. Quand je me voyais je me disais que c’était pas moi, ça me gênait. Mais c’était joli de nous voir tous à l’écran et c’était beau à voir !

Julien Zerovec
Julien Zerovec
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