All i want for Christmas is… a good movie

Les mêmes chansons en boucle et les mêmes films à la TV en fond comme tous les ans avec vos cousins chez mamie et papy pour le réveillon, en effet aucun doute n’est permis : Noël est bel et bien déjà là. Cette fois vous en avez marre et décidez de changer les traditions. Et si pour une fois on avait l’occasion de rendre ce moment un peu plus ludique, c’est ce que je vais tenter de vous proposer avec cette sélection personnelle de films que je trouve appropriés pour les fêtes de fin d’année. Bien entendu cette sélection ne cherche pas à trouver le film parfait, ne fait en aucun cas preuve de quelconque classement et ne cherche encore pas à dénicher uniquement des films méconnus (d’ailleurs il y a peut-être de grandes chances que vous en ayez vu certains), elle a simplement pour but d’essayer de vous proposer une alternative à l’éternel « maman j’ai raté le foie gras » ou l’immanquable « harry hautlescoeurs ». En bref d’essayer de vous proposer des films que l’on n’aurait peut-être pas choisi au premier abord. Prenez un plaid accompagné d’un chocolat chaud et installez vous bien, on va essayer de sauver les petits fours cette année.

Better Watch Out (2016) de Chris Peckover

Imaginez un seul instant si le petit Kevin de Maman j’ai raté l’avion avait eu une baby-sitter et que tous deux se faisaient traquer non pas par des voleurs le jour de Noël mais par un tueur prêt à en découdre. L’idée parait alléchante non ? Et bien laissez moi vous présenter son jumeau maléfique : Better Watch Out ou aussi nommé Safe Neighborhood. Une comédie noire qui bascule dans un home invasion au plaisir régressif, le film connaissant par cœur les codes du genre qu’il s’amusera à faire exploser tout du long et notamment par son twist aussi invraisemblable et étonnant qu’amusant, sans compter le fait que l’antagoniste soit un véritable incel. Les quelques scènes plus « horrifiques » sont terriblement efficaces et tâchent quand il le faut, on peut y voir dans cette intention un réel hommage aux comédies des années 80 qui contenaient souvent ce même plaisir, cette même dose de malice et de liberté dans le ton donné qui ne cherchait pas à se cacher ou à s’édulcorer. La présence de Olivia Dejonge et Ed Oxenbould tourne aussi beaucoup en faveur du film, les deux jeunes acteurs étant à mes yeux la seule bouée de sauvetage du naufrage The Visit de Shyamalan sorti l’année d’avant (en plus de quelques caméos plus qu’appréciables que je vous laisserai découvrir). Et bien qu’avec ces aspects le film n’oublie pas de garder un côté bon enfant et innocent par moments, notamment en gardant cette dynamique de l’enfant héros avec ces pièges et son QI disproportionné pour son âge (chose d’ailleurs avec laquelle le film s’amuse aussi vicieusement). Peut-être trouverez vous cela « too much » ou, je l’espère, peut-être vous extasierez vous autant que moi devant cette vraie petite pépite qui est devenu un de mes incontournables personnels.

Black Christmas (1974) de Bob Clark

Cette fois aucun détour ni aucune pincette à prendre, Black Christmas est un pur slasher clinique et angoissant se déroulant dans une sororité étudiante prise pour cible par un étranger pendant les vacances de Noel. Un des précurseurs du genre, se saisissant de la magie de noël afin de l’assombrir, de créer un véritable climat d’angoisse avec ces coups de téléphone où l’on entend la respiration et les cris du tueur, le vent frais qui souffle dans toute la bâtisse, la neige qui crée un sentiment d’isolation, et ce climax final absolument poignant (dont certaines idées de réalisations et plans font partis de ce que j’ai vu de plus terrifiant dans le cinéma horrifique sans nul doute). Une réalisation en béton armé avec cette caméra en vue subjective utilisée bien avant le Halloween de maitre Carpenter permettant au spectateur d’être immergé à la place d’un tueur venant dans le but de détruire toute la magie et l’innocence de cette fête. Le genre de film que beaucoup ont essayé d’imiter mais que peu ont égalé (et surtout pas l’ignoble rejeton de remake de 2019). En bref un réel moment de frousse fraiche qui se trouve être un incontournable du genre et étrangement des fêtes de fin d’année à mes yeux pour son ambiance et ses décors (cette grande bâtisse en bois toute guirlandée, rouge, jaune et blanche).

Les Parapluies de Cherbourg (1964) de Jacques Demy

Assez de sang et d’effroi, il m’était impossible de vous proposer une liste de films de noël sans vous proposer une comédie musicale à l’intérieur, qui plus est de mon réalisateur favori. Les parapluies de Cherbourg, ou la quintessence du cinéma de Demy dans un monde où Les Demoiselles de Rochefort n’existerait pas, existe dans son propre univers. Un univers chanté qui vous enchantera du premier au dernier plan par ses couleurs réconfortantes, ses décors et costumes sortis d’un autre temps leur donnant par ailleurs une certaine élégance, sans oublier la superbe composition du grand (sans mauvais jeu de mot) Michel Legrand avant que cet enchantement ne percute le drame, que l’amour impossible de Guy et Geneviève ne se transforme en véritable tragédie réduisant notre cœur en miettes tout en nous donnant un sourire satisfait et ému. Leur relation est un rêve, un merveilleux qui ne cesse d’essayer d’exister dans la réalité de ce monde et d’espérer se nouer par la chanson et la danse. La scène finale nous fait ainsi imploser dans un torrent d’émotion indescriptible, nous faisant fondre comme une guimauve à la broche. Un chef d’œuvre français à ne surtout pas manquer.

Some like it Hot (1959) de Billy Wilder

Un plaisir instantané, un duo Lemmon & Curtis au sommet de la comédie accompagnés d’une Marylin Monroe plus pétillante que jamais dans un film aux mœurs libres et aux genres divers et variés (déjà pour son époque) voilà ce qu’il vous attend au programme de Certains l’aiment chaud. Peut être l’une des plus grandes comédies jamais réalisées, mélange étonnant de genre entre comédie musicale et film de gangster, son comique de situation n’étant pas sans rappeler l’humour de Keaton ou Chaplin, tout cela au service de messages identitaires et de tolérance puissants, nul autre film ne saura vous réchauffer le cœur comme celui-là. Ajoutez à cela les scènes musicales de jazz endiablées de Monroe (dont la célèbre scène de Running Wild qui ne cesse de me fasciner chaque fois que je la revois) et vous obtenez un film au grand cœur, généreux et parfait pour vous emporter dans un élan de positivité jusqu’à sa dernière ligne de dialogue culte résumant à elle seule le film : « Well, nobody is perfect ». Et pour un moment comme noël, réunion de partage, de fête et de communion entre tous, je ne trouve pas d’instant mieux choisi pour propager ce message d’amour universel.

La Dernière Vie de Simon (2019) de Léo Karmann

Un autre film français, cette fois-ci plus récent et qui n’a pas eu à mes yeux le succès qui lui est du. La Dernière Vie de Simon est une énième preuve que le cinéma de genre en France est réalisable si l’on a envie d’y croire, qui plus est pour Karmann pour qui c’était son premier long métrage. En tête d’affiche Benjamin Voisin (Eté 85, Illusions perdues…), le film est un conte absolument magique et merveilleux qui doit sa réussite par sa maitrise de son concept et du pouvoir de son protagoniste Simon mais aussi par sa musique et ses inspirations claires et nettes chez Spielberg et son E.T. ou encore Jeunet. Il se paye également le luxe de traiter efficacement ses sujets comme l’acceptation de soi et de notre volonté de vouloir à tout prix ressembler à quelqu’un par manque de confiance en nous ou par peur de ne pas être compris ou accepté par l’autre (à l’image des nombreuses scènes avec des miroirs dans lesquelles Simon se regard et ne semble être que l’ombre de lui-même). En bref un conte fantastique sur l’inconnu qui mérite toute votre attention tout en maintenant un certain confort pour le spectateur en puisant dans des inspirations fantastiques connues de tous.

日日是好日 “Every Day a Good Day” (2018) de Tatsushi Omori

Dernier film de cette sélection, Dans un jardin qu’on dirait éternel sera votre dose de poésie en cet hiver. D’une contemplation et d’un bucolisme hypnotisant, le film présente par le biais d’une étudiante japonaise la culture du thé dans le pays et permet de délivrer de beaux instants de douce poésie et de morales revigorantes. La cérémonie du thé permet de la suivre dans tout ses états, qu’elle soit triste ou heureuse, faisant résonner la morale et ses réflexions sur la vie, notamment sur le poids qu’elle nous impose (le temps qui passe, les épreuves à faire face et tout simplement comment réussir à se reconstruire et retrouver notre chemin). En plus d’être plein de philosophie, l’aspect quasi documentaire sur la culture du thé m’avait captivé et la découverte de son art m’avait passionné (le thé étant un véritable art au Japon que les plus anciens essaient de transmettre afin de le préserver dans le patrimoine du pays). Bien que très contemplatif, au vu de ses thèmes le film saura se compléter à la mélancolie de l’hiver et propose même une belle transition avec le renouveau du printemps.

Vous vous en doutez cette liste aurait pu durer une éternité et c’est assez subjectif de choisir ses films selon ses périodes, puisque ceux-ci nous parleront selon notre vécu, notre perception des différents évènements et dans un sens, je vous ai donc proposer ce qui selon moi capte au mieux l’essence de l’hiver et de ces fêtes de fin d’année près de la cheminée. Passez d’excellentes fêtes, on se retrouve l’année prochaine. En vous souhaitant le meilleur.

Tristan Misiewicz
Tristan Misiewicz
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