Quinzaine : «Un beau matin» de Mia Hansen-Løve

Un beau matin est un drame romantique réalisé par Mia Hansen-Løve, sortie prévue en octobre 2022 avec Léa Seydoux et Melvil Poupaud. 

Synopsis : Sandra, jeune mère qui élève seule sa fille, rend souvent visite à son père malade, Georg. Alors qu’elle s’engage avec sa famille dans un parcours du combattant pour le faire soigner, Sandra fait la rencontre de Clément, un ami perdu de vue depuis longtemps.


Un beau matin a mis tout le monde unanime, c’est typiquement le film que nous adorons découvrir au festival. On rit, on pleure, on ne peut passer qu’un bon moment.

C’est bien connu, le spectateur apprécie l’idée de s’identifier à un personnage et son histoire. Ici, chacun d’entre nous peut se retrouver dans cette simplicité des faits, une simplicité malgré tout très lourde et poignante.

Je n’ai appris qu’à l’issu de la séance, lors de la discussion avec la réalisatrice et les acteurs, que c’était en fait ce qu’on peut qualifier de plus proche du biopic. Léa Seydoux, dans ce film, incarne la réalisatrice Mia Hansen-Løve. 

Mais comment fait-on pour reproduire si justement les mots et pensées d’un autre ? La pression de restituer des faits et sentiments propres à sa réalisatrice doit être un challenge intense ? 

Léa Seydoux nous répond : « J’ai de suite été très émue en lisant le scénario. J’ai toujours du mal à dessiner les contours d’un personnage à la première lecture, mais après une discussion avec Mia et une relecture avec les autres acteurs, mon personnage qui incarnait Mia s’est formé. C’était la première fois qu’on me permettait de jouer une femme normale dans une histoire normale. J’ai essayé d’incarner Mia ».

Ce film traite des plus grosses thématiques reposants dans notre société, l’amour, la maladie et la mort. Un combo très efficace livrant un récit fort et réaliste comme Mia Hansen Løve aime les faire.

Un si beau matin ressort vainqueur à Cannes du prix Label Europa Cinemas, décerné par un jury d’exploitants au meilleur film européen de la section parallèle. Mais alors pourquoi ce film tire t-il son épingle du jeu, en lice face à de nombreux autres films touchants, traitants eux aussi de sujets sociétaux ?

Nul besoin de les présenter, le casting de ce film est époustouflant, passant de Léa Seydoux, Nicole Garcia à Pascal Greggory, le jeu est bon et juste. Pascal Greggory se démarque nettement à travers son rôle du père atteint d’une maladie dégénérative.

Apprendre un scénario c’est une chose, apprendre un scénario sans fond ni sens pour retranscrire l’homme rongé par la maladie, s’en est une autre. Il débite des mots tous sans liens et toujours accompagné d’un regard vide, profond, perceptible à l’écran.

Georg dans ce film, était un homme qui vivait par et pour son intelligence, sa culture, ses livres entre autre. Quelle pire punition pour lui que de se retrouver dans un état où tout ce qui lie à la raison, les mots et la mémoire, n’est plus atteignable.

Chaque personnage est attachant, malgré leurs différences et défauts, ce n’est pas ce qui importe ici, on perçoit le bon, le pure dans chacun. Nous, êtres humains faits de chair et de sang, essayant de faire de notre mieux au quotidien. On peut blâmer le personnage incarné par Melvin Poupaud car nous sommes spectateurs de son adultère, mais il incarne un phénomène bien connu, la lassitude d’une relation usée et la naissance d’un amour incontrôlable.

En bref, un beau film à voir et à revoir.


La Note

7,5/10

Note : 7.5 sur 10.

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