Quinzaine : «God’s creatures» de Saela Davis et Anna Rose Holmer

God’s creatures est un drame psychologique réalisé par Saela Davis et Anna Rose Holmer, sortie prévue en août 2022 avec Paul Mescal et Emily Watson.

Synopsis : Dans un village de pêcheurs balayé par les vents, une mère est partagée entre protéger son fils adoré et respecter ses convictions. En mentant pour le soutenir, l’harmonie qui régnait au sein de leur famille et de leur communauté se retrouve brisée.


Pour ouvrir ce long métrage, nous sommes directement immergés dans une traditionnelle mise en contexte, d’une famille, d’un métier, d’un décor et d’une intrigue. Un moment dans la longueur, qui peut perdre l’attention du public.

Mais God’s creatures nous rattrape alors que nous sommes en train de décrocher, avec un véritable scandale, au coeur même de ce village, dans lequel tout est programmé.

Les réalisatrices Saela Davis et Anna Rose Holmer nous plongent durant 1h34 dans une atmosphère sinistre, sans aucune certitude quant au dénouement.

Saela Davis et Anna Rose Holmer

Ici, les seules sources de revenues possibles sont en lien avec l’élevage maritime, sans compter le barman du coin. Les horaires sont réglées comme du papier à musique, levé à l’aube et fin d’activité à marée haute. Des lieux et des images toujours sombres sous l’influence de la météo, dans cet endroit qui ne connaît que le gris. Les images en deviennent fatalement redondantes.

Nous intervenons lors du retour de Brian à son domicile familiale, après une longue absence sans explication. On découvre alors une famille, à priori déchirée, à l’exception d’un amour mère-fils bien présent.

Mais cet amour inconditionnel que porte Aileen à son fils Brian, va être rudement mis a l’épreuve, et c’est là que tout devient intéressant. Jusqu’où est prête à aller cette mère pour son enfant, le mensonge sous serment ? Le rejet de la parole d’une victime ? D’une amie ?

L’équipe de God’s creatures à son avant première à Cannes

Le point fort de ce film, c’est qu’il réussi à nous mettre dans une position délicate. On doute, des personnages, du vrai, du faux, de nous même et on a surtout beaucoup de compassion. L’amour d’une mère à son enfant survit-il à toute épreuve ? Ce qui est certain, c’est qu’elle va devoir accepter qu’il n’est peut être pas comme elle l’imaginait et s’en suivra des décisions difficiles. L’histoire perce l’écran et nous choisi comme témoin, nous demandant presque de nous positionner.

God’s creatures n’est regrettablement pas allé au bout de certaines idées. La sœur de Brian était vraisemblablement au courant du vrai visage de son frère. Pourquoi n’a t-elle rien dit ? Elle lui laisse donc l’occasion de commettre à nouveau l’irréparable ?

C’était intéressant en tant que spectateur, d’être positionné tel un avis neutre, comme si nous étions un habitant quelconque du village. On comprend alors ce si long démarrage, cela nous permet de réaliser peu à peu sa vraie nature, insoupçonnable aux premiers abords. Il a fallu rentrer dans son quotidien, ses habitudes pour en savoir plus.

Le tournant pour moi, était lors d’une scène banale, où l’on voit Brian rentrer du travail, enlever ses habits de pêche et tout laisser au milieu du salon par terre, laissant sa mère s’en occuper. C’est une scène simple mais, qui n’a absolument pas été posé au hasard, tous nos aprioris sur lui sont remis en question sur ce simple geste.

Après 1h34 d’immersion dans ce village anxiogène, tendant à des moeurs misogyne et patriarcale, God’s creatures nous laisse sur une belle scène de fin. Après la noirceur d’un film redondant et lourd, un plan séquence léger, empli d’espoir.


La Note

5/10

Note : 5 sur 10.

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